Amicale de Touraine des Retraités de la Gendarmerie -

Inauguration des casernes de Savigné/Lathan et Château la Vallière

 BTP de Savigné-sur-Lathan – caserne Adjudant Valcourt Pellevoisin

 

BTP de Château-la-Vallière – caserne gendarme Maxime Jauveau

 

Le 13 novembre 2015, en matinée, a eu lieu l’inauguration et le baptême de deux casernes de gendarmerie voisines, toutes deux réalisées sous mandat de Val Touraine habitat. Ces cérémonies initialement prévues au mois de janvier 2015, avaient été reportées en raison des attentats survenus à Paris. Elles ont été placées sous le patronage de M. Louis Le Franc Préfet d’Indre et Loire, de M. Pierre-Alain Roiron président de la communauté de communes Touraine Nord-Ouest et maire de Langeais et du colonel Quentin de Bennetot commandant le groupement 37. M. le préfet retenu par d’autres obligations a été représenté par son chef de cabinet. Outre ces personnalités, nombreux élus, retraités de la gendarmerie dont les associations étaient représentées par leur président et leur drapeau et d’amis.

A Savigné/Lathan, à 9 heures 30, puis ensuite à Château la Vallière à 11 heures, le protocole a été identique. Après une courte cérémonie militaire, le chef de cabinet du Préfet, les personnes en charge de la construction, les élus impliqués, les représentants des familles de l’adjudant Valcourt Pellevoisin puis du gendarme Maxime Jauveau, ont procédé à l’inauguration des casernes en coupant le ruban tricolore. Ensuite, ces derniers ont dévoilé une plaque souvenir rappelant le sacrifice de leurs parents.  Les autorités et toutes les personnes présentent ont pu ensuite visiter les locaux de service des brigades.

A l’issue des inaugurations, nous nous sommes transportés salle de l’orangerie à Château la Vallière pour les discours d’usage. L’ensemble des intervenants se félicitant, en autre : de mettre à disposition des gendarmes des locaux fonctionnels et confortables.

 

Le colonel Quentin de Bennetot a rappelé l’importance que revêt pour les militaires de la gendarmerie, qui effectuent un métier difficile, de disposer de locaux et logements confortables. Il souligne que les anciens casernements avaient plus de 40 ans et ne donnaient plus vraiment satisfaction.

Il remercie les familles des parrains de ces deux casernes, d’avoir bien voulu participer aux cérémonies. Il rappelle l’importance que revêt, en terme d’exemplarité pour la gendarmerie, la décision de donner aux casernes, le nom de personnes qui sont allées jusqu’au sacrifice ultime. Pour lui, cela contribue également au devoir de mémoire que ces personnes ont bien mérité. A l’issue, un cocktail nous a été servi.

 

Qui était Valcourt Pellevoisin parrain de la caserne de Savigné/Lathan

Né en 1886 à Tillou (79) Valcourt Pellevoisin s'engage en 1904, au 1er régiment de Zouaves en Algérie. En 1908, il intègre la Gendarmerie. Il est affecté en Corse, BT de Ponte-Novo, puis en 1911, à la brigade de Chize (79) comme gendarme à pied*.

Pendant la grande guerre, il sera détaché,  par deux fois, dans des unités prévôtales 1914/1916, puis 1917/1919.

En 1921, il est nommé successivement CB des brigades de Savigné-sur-Lathan (37), de Vouvray (37) et de Tours (37). En 1930, il est nommé adjudant à pied*. Il aura effectué 28 années de service au cours desquelles il a accompli 11 campagnes.

Le 20/10/1932, un meurtre est commis à Neuville/Brenne (37). Pendant huit jours, des renforts sont journellement envoyés sur les lieux pour participer aux recherches. Par deux fois, l'adjudant Pellevoisin est volontaire pour cette mission dangereuse, dont une fois pour tendre une embuscade de nuit autour de la maison du meurtrier. Le 28/10/1932, trois militaires de la gendarmerie pénètrent dans une grange suspecte, c'est alors que la décharge d'un fusil de chasse les atteint tous les trois.

L'adjudant Valcourt Pellevoisin grièvement touché décédera des suites de ses blessures à l'hôpital de Château-Renault où il avait été transporté. Des obsèques solennelles ont eu lieu dans la capitale Tourangelle. Il est inhumé dans son village natal.

Le nom de l'adjudant Pellevoisin est mentionné sur la plaque à la mémoire des militaires de la 9ème légion de gendarmerie morts au champ d'honneur, à l'ennemi ou en service commandé, scellée sous le porche intérieur de la caserne Raby à Tours. Il est cité dans le livre d'or de la Gendarmerie, édition 1933.

 

Les mérites de ce sous-officier ont été reconnus par l'attribution :

 

  • La médaille militaire le 5 juillet 1925
  • La citation à l'ordre du 9ème corps d'armée en 1929 pour s'être distingué dans l'organisation de la propagande pour le recrutement des militaires de carrière.

* Les gendarmes étaient soit cavaliers soit à pied

 

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Qui était Maxime Jauveau parrain de la caserne de Château la Vallière

Né en 1899 à Morogues (Cher) Maxime Jauveau est admis en gendarmerie en 1925. Gendarme à compter de juin 1926, il est  affecté à la 5ème légion de GD, compagnie du Cher. A l'été 1940, il est affecté à la 9ème bis légion de GD, compagnie de la Vienne, BT de Montrésor (37).

Il est arrêté par la gestapo et la milice le 27/07/1944 avec les militaires de la gendarmerie de la section de Loches ainsi que des civils, soit 64 personnes. Cette rafle est aujourd'hui connue sous le nom du « jeudi noir de Loches».

Incarcérés à la maison d'arrêt de Tours, les prisonniers font partie du dernier convoi de déportés du train dit « train de Langeais » qui quitte Rennes à destination de l'Allemagne en août 1944. Il emmène à son bord 952 déportés dont les prisonniers de Loches ainsi que 40 gendarmes et policiers français.

Arrivé le 01/09/1944 au camp de Neuengamme, « kommando » de Wilhelmshaven en Allemagne, Maxime Jauveau est interné avec le matricule 43 637.

« Le motif reproché à ces militaires  était la connivence avec la résistance et la non arrestation de réfractaires au Service de Travail Obligatoire (STO) en leur donnant le temps de prendre toutes dispositions utiles pour ne pas être arrêtés ».

Maxime Jauveau décédera dans le camp Wilhelmshaven « Mort pour la France » le 12/03/1945. Comme lui, 26 militaires y perdront la vie, des suites de mauvais traitements, de faim et d'épuisement.

 

Les mérites de ce sous-officier ont été reconnus par l'attribution :

 

  • le 20/12/1935 de la médaille militaire à titre normal.
  • le 19/09/1950, à titre posthume, de la croix de guerre 1939/ 1945 avec palme et la nomination au grade de chevalier de la légion d'honneur.
  • Par décision du 20/04/1949, le certificat d'appartenance à la résistance intérieure française est décerné au gendarme Jauveau qui se voit attribuer le grade de sergent.
  • Par arrêté du 15 novembre 2011, la mention « mort en déportation » est inscrite sur l'acte de décès du gendarme Jauveau.

 

 

 

 

 

 

 



15/11/2015
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